
Cousteau !
Jacques Yves Cousteau (1910-1997)
Océanographe, cinéaste, essayiste
Biographie
Né le 11 juin 1910, à Saint-André-de-Cubzac (Gironde).
Jacques Yves Cousteau fit ses études à Rouen, Bordeaux, New York, Paris, Ribeauvillé, et suivit au collège Stanislas la préparation au concours de l’Ecole navale (promotion 1930).
De 1930 à 1957, carrière militaire au cours de laquelle il a notamment commandé la base navale de Shanghai, étudié un équipement de nageur de combat, participé à bord du croiser Dupleix à la recherche du cuirassé de poche Graf Von Spee, ainsi qu’au bombardement de Gênes (croix de guerre avec palme et deux citations), entré dans la Résistance (Légion d’honneur à ce titre), puis créé avec le commandant Philippe Tailliez, le Groupe d’études et de recherches sous-marines (GERS), armé l’aviso ex-allemand Ingénieur Élie Monnieren navire océanographique.
Au cours de cette période, il a de plus mis sur pied la participation de la Marine française à l’expédition du bathyscaphe F.N.R.S.II et entrepris les démarches aboutissant à la signature de la convention franco-belge concernant le F.N.R.S.III.
En 1943, il conçoit et réalise avec l’ingénieur Émile Gagnan le prototype de scaphandre autonome à air comprimé Cousteau-Gagnan. Co-inventeur de la première caméra de télévision sous-marine, de sous-marins d’exploration, et du procédé de propulsion éolienne des navires utilisé sur le navire de recherches Alcyone. Premier réalisateur de la méthode de plongée dite à saturation (expériences Précontinent I, II, III).
Dès 1950, il arme l’ex-dragueur de mines Calypso avec lequel il a mené à bien à ce jour plus de cinquante expéditions lointaines dans le monde entier. Il crée deux associations pour organiser ces croisières et pour construire les équipement techniques spéciaux : Les Campagnes océanographiques françaises et le Centre d’études marines avancées.
En 1957, élu à la direction du Musée océanographique de Monaco, fonction qu’il remplira jusqu’en 1988. Secrétaire général de la Commission internationale pour l’exploitation scientifique de la Méditerranée, de 1962 à 1988.
Président de The Cousteau Society (États-Unis) depuis 1974, et de la Fondation Cousteau (Paris) depuis 1981, devenue Équipe Cousteau en 1992. Membre étranger de l’Académie des Sciences des États-Unis d’Amérique (1968), de l’Inde (1978), de l’Académie du Royaume du Maroc (1989). Docteur honoris causa des Universités de Harvard, Rensselaer, Brandeis, Berkeley, de Guadalajara, de Bucarest, de l’Université libre de Bruxelles, de l’Université polytechnique de Valence.
Fondateur, avec l’UNESCO, d’un réseau de chaires d’Écotechnie dans un groupe international d’Universités.
Élu à l’Académie française, le 24 novembre 1988, au fauteuil de Jean Delay (17e fauteuil) et reçu sous la coupole le 22 juin 1989 par Bertrand Poirot-Delpech.
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Tenté par l'aéronavale, il doit renoncer au pilotage après un grave accident de voiture en 1936. Lorsque survient la guerre, Cousteau est en garnison à Toulon. Il occupe ses loisirs à filmer, sa caméra enfermée dans un bocal, les épaves de bateau et les magnifiques fonds marins d'une mer Méditerranée encore épargnée par la pollution. Pour plonger, l'époque ne connaît que les lourds scaphandres reliés par un tuyau d'air à la surface - trop compliqué pour Cousteau, qui rêve d'un scaphandre autonome. Un rêve bientôt réalisé : en 1943, il met au point avec l'ingénieur Emile Gagnan, inventeur d'un détendeur pour les véhicules à gazogène, l'appareillage de respiration sous-marine à partir d'air comprimé contenu dans une bouteille. Le brevet de l'« Aqua-Lung » (poumon aquatique en anglais), et les droits sur la fabrication de l'appareil par la société Aqualung, aujourd'hui encore numéro un du marché des équipements de plongée, feront la fortune des deux hommes. Soucoupes plongeantes Son équipe de plongeurs cinéastes invente en tâtonnant les techniques du cinéma sous-marin. Révélant un univers de lumière et de couleurs peuplé de mérous, de baleines ou de morses, le film le Monde du silence, que réalisent Cousteau et le cinéaste Louis Malle remporte la Palme d'or au festival de Cannes en 1956 avant d'attirer plus de deux millions de spectateurs. Riche, célèbre, l'explorateur du monde sous-marin démissionne de la Marine avec le grade de capitaine de corvette et se consacre aux campagnes à bord de la Calypso. Avec sa femme Simone, qu'il épouse en 1937, et leurs enfants Philippe et Jean-Michel, le commandant Cousteau accueille à son bord les scientifiques de tous horizons - géologues, géophysiciens, biologistes, zoologues, archéologues, écologistes - et explore chaque saison la mer Rouge ou le Saint-Laurent, l'Antarctique ou l'Amazonie. De ces périples naissent une cinquantaine de livres, deux encyclopédies, plusieurs films et surtout une centaine de documentaires que les télévisions de tous les pays s'arrachent. Ce que le grand public connaît de la vie des océans, c'est à la télévision de Cousteau qu'il le doit ! Pour filmer et travailler sous la mer, il construit de petites « soucoupes plongeantes », puis des maisons sous-marines. Dans Précontinent III, immergée par 110 mètres de fond au large du cap Ferrat, six « océanautes » travaillent plusieurs semaines en respirant un mélange d'hélium et d'hydrogène, s'épargnant les longues et contraignantes séances de décompression indispensables lors de la remontée. En revanche, son projet de sous-marin de conception révolutionnaire financé par la France, l'Argyronète, échoue en 1972. Cousteau n'est pas infaillible... Certains d'ailleurs critiquent son autoritarisme, ou l'exploitation commerciale des expéditions au détriment de la connaissance scientifique. « Captain Planet » Pour Cousteau, l'écologie justifie son action. A force de parcourir les océans, l'explorateur a pris conscience des menaces que font courir les hommes sur les écosystèmes marins et la Terre entière. En 1960, il s'insurge contre l'immersion de déchets radioactifs en mer Méditerranée, que le général de Gaulle, alors président de la République, fait cesser. Il crée aux Etats-Unis en 1974, The Cousteau Society, puis en France la Fondation Cousteau (devenue Equipe Cousteau en 1992), pour promouvoir la sauvegarde de la planète et récolter des fonds pour ses coûteuses expéditions auprès des adhérents - 400 000 aujourd'hui. Ironie des dates, la Calypso sombre dans le port de Singapour le 8 janvier 1996, jour de la mort de l'ancien président français François Mitterrand. Immédiatement Cousteau lance une souscription pour construire la Calypso II, qui devrait prendre la mer fin 1998 sous la direction de sa seconde femme, Francine. Sans l'attendre, l'infatigable explorateur des océans a rejoint pour toujours le monde du silence. Antoine Trièves |
Les inventions !
Ce scaphandre autonome, dit caréné, permet à l'homme de se mouvoir sous l'eau, indépendamment de la surface. L'aventure remonte à la Seconde Guerre Mondiale, en juin 1943. Sur une petite plage de la côte d'Azur, Jacques Yves Cousteau, muni de palmes en caoutchouc, endosse le nouveau scaphandre complètement autonome.
Ce scaphandre est inspiré des découvertes précédentes et plus particulièrement de celle du commandant Yves le Prieur, pionnier de la plongée autonome qui, en 1925, met au point l'air comprimé à circuit ouvert. Cet appareil connaît cependant un inconvénient : son débit d'air continu limite la durée de l'utilisation du scaphandre.
La solution naît à Paris : la réquisition d'essence par les Allemands pendant la guerre, pousse un ingénieur: Emile Gagnan à inventer un système de détendeur de voiture dit ' à la demande ' qui fournit l'exacte quantité de gaz correspondant à l'ouverture du volet du carburateur. Cousteau le modifie, l'adapte et en fait la pièce maîtresse du scaphandre autonome.
En 1966, Cousteau réunit ses meilleurs plongeurs, ingénieurs et dessinateurs, pour doter la Calypso d'un matériel sophistiqué nommé le scaphandre autonome caréné. Diminuant la fatigue et par conséquent la consommation d'air, ce nouveau scaphandre permet aux plongeurs de se déplacer plus vite et plus longtemps. La membrane du détendeur est dorénavant placée sur la poitrine, au plus près du centre de volume des poumons
Le calypso !
A Malte, Jacques Yves Cousteau découvre un ex-dragueur de mines de la Royal Navy, reconverti en ferry-boat et nommé Calypso. Ce bateau est né en 1942 et son triste matricule J-826 ne le prédestine pas à une vie d'exception. Pour Cousteau, il s'agit du navire idéal pour son projet d'exploration des mers. Grâce au soutien financier de M. Loël Guiness, le contrat de vente est signé le 19 juillet 1950. Aussitôt, Calypso part pour le chantier naval d'Antibes où elle est transformée en navire océanographique.
De nombreux industriels et la Marine National effectuent des dons de matériel : la nouvelle Calypso est née. Jacques Yves Cousteau et sa femme Simone y consacrent également l'essentiel de leurs ressources personnelles. Une des innovations majeures est le 'faux-né', chambre d'observation sous-marine placée devant et sous l'étrave et équipé de 5 hublots destinés à la prise de vues.
Les expéditions !
Il a parcourut le monde : Amérique de nord et du sud, Afrique, Europe, pacifique, Asie et bien sur l’antarctique !
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